11 PRINCIPES POUR LA PRATIQUE DU TAI CHI CHUAN

«Le principe le plus important est la régularité du mouvement et la tranquillité d’âme.»
Fluide comme une rivière, solide comme le roc.

Les principes du Tai Chi Chuan sont comme une rose des vents, ils vous guideront vers l'atteinte de vos objectifs.
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  1. Laissez tomber les épaules et les coudes

« Lâcher les épaules » signifie que les épaules sont relâchées, ouvertes et suspendues vers le bas. « Laisser tomber les coudes » veut dire relâcher les coudes et les orienter vers le bas. Avoir les coudes relâchés et orientés vers le bas aidera à relâcher les épaules. En conséquence, ce principe aidera à améliorer l’équilibre, et à faire circuler le chi.

  1. Détendre taille et kua

La source du commandement est à la taille (Dantien, Hara). Tous les mouvements doivent être faits avec une intention consciente et provenir de cette zone. Alors, les pieds auront de la force et le bassin de l’assise que lorsque la taille sera relâchée. Le Tai Chi sera ressenti par les passages de « vide » au « plein » (Yin/Yang) par les rotations de la taille.

Afin d’améliorer l’équilibre et la force, il faut porter l’attention à ces zones (taille et kua) et les relâcher.

  1. Distinguer le vide du plein

Rapidement, dans l’art du Tai Chi Chuan la distinction entre « vide » et « plein » apparait. Au début, ce principe s’applique aux jambes. Ainsi, la jambe d’appui est la jambe « pleine » et l’autre jambe est la jambe « vide ». Cette prise de conscience améliore la qualité des déplacements et l’équilibre.

Avec la pratique, ce principe s’appliquera à chaque partie du corps (genou, hanche, épaule, coude, poignet, main, etc) en fonction du mouvement et de l’intention.

  1. Rentrez la poitrine et étirez les lombes

Rentrer légèrement la poitrine et étirer les lombes (le bas du dos) aidera à faire descendre le souffle vers la taille. Ceci améliorera l’enracinement au niveau des pieds. Ce principe améliorera aussi la souplesse et la force de la colonne vertébrale.

  1. Une énergie subtile élève le sommet du crâne

Avoir l’impression qu’un fil tire sur le dessus de la tête. Le cou doit rester souple, détendu. Ce principe, combiner avec le 2e (le mouvement qui provient de la taille) aide à maintenir une posture droite, l’équilibre et la force.

  1. Les mouvements des membres supérieurs et inférieurs se suivent et s’harmonisent

Harmoniser les mouvements du haut et du bas, c’est se conformer à ce principe énoncé dans le Traité sur le Taiji quan : « L’énergie prend racine dans les pieds, se développe dans les jambes, est commandée par la taille et se manifeste dans les doigts. Des pieds, aux jambes, à la taille, il faut une unité parfaite » (Citation du traité sur le Taiji quan de Zhang Sanfeng). Le mouvement des mains va avec un mouvement de la taille ; quand les pieds se meuvent, l’énergie spirituelle des yeux (le regard) se meut en même temps et les suit ; dans ce cas, l’on peut dire que le haut et le bas sont reliés et en harmonie.

  1. Utilisez l’intention et non la force

Les mouvements du Tai Chi Chuan sont précis et demandent une exécution en pleine conscience, tout en souplesse. Afin d’y arriver, chaque mouvement doit être exécuté avec l’intention de le réaliser. En Tai Chi Chuan, le pouvoir de l’intention apporte aussi une grande satisfaction et améliore l’estime de soi.

La pratique du Tai Chi Chuan doit se faire tout en souplesse. C’est dans cette souplesse que s’exprimera la force. Nous retrouvons dans ce principe la morale de la célèbre fable Jean de la Fontaine : Le chêne et le roseau.

  1. L’intérieur et l’extérieur sont unifiés

« Le travail du Tai Chi Chuan est un travail de l’énergie spirituelle. C’est pourquoi l’on dit : « L’énergie spirituelle est le maître, le corps le valet. » Si l’on peut mettre en branle la force vitale, les mouvements sont spontanés, légers et agiles. L’enchaînement des mouvements suit les principes (d’alternance) de « plein » et de « vide », d’ouverture et de fermeture. Quand on parle d’ouverture, il ne s’agit pas uniquement d’ouverture des pieds et des mains, mais aussi de l’ouverture de la pensée et de l’esprit. De même, la fermeture n’est pas seulement une fermeture des pieds et des mains, mais aussi de la pensée et de l’esprit. Si l’intérieur et l’extérieur peuvent être unis en un seul souffle, tout est parfait. »

  1. Recherchez le repos dans le mouvement

Dans les arts martiaux externes (comme dans la vie en générale d’ailleurs), la capacité de sauter, bouger et réagir rapidement est considérée comme très importante, et l’on s’y exerce jusqu’à l’épuisement de la force musculaire et du souffle. C’est pourquoi, après s’être exercé, le karatéka et l’adepte du « gym » sont toujours haletants et fatigués. Ou qu’à la fin d’une journée de travail (on se lève, mange, part travailler, revient à la maison à la course, pour finalement se coucher encore à la course parce que demain sera encore une journée de course). En conséquence, on est étourdi par le mouvement quotidien.

Cependant, dans le Tai Chi Chuan, on dirige le mouvement par le calme; bien que mouvant, l’exécutant reste calme; c’est pourquoi il est préférable d’exécuter l’enchaînement des mouvements le plus lentement possible. Grâce à la lenteur, la respiration devient longue et profonde, le souffle est concentré dans le champ de cinabre (Dantien), et le cœur du pratiquant a aussi le temps de bien travailler. Ses contractions deviennent plus profondes et son rythme ralentit, le cœur devient plus efficace. Les adeptes doivent s’appliquer à vivre cela.

  1. Enchaînez les mouvements avec continuité, sans rupture

Les mouvements du Tai Chi Chuan sont comme les vagues de l’océan : en perpétuels mouvements, sans réel début ou fin. Dans la mort d’une vague se trouve la naissance de la suivante. Ainsi doit être fait le Tai Chi Chuan, sans interruption. Dans la fin d’un mouvement se trouve le début du suivant. Tout en souplesse, avec la détermination, l’intention profonde de se manifester.

  1. Sourire

En conclusion, voici le principe le plus important du Tai Chi (Tao) et du Tai Chi Chuan ! Le sourire. Certaines écoles vous parleront d’un sourire intérieur, c’est un début. Mais un réel sourire, intérieur et extérieur est l’outil le plus efficace afin d’atteindre tous vos objectifs en Tai Chi et en Tai Chi Chuan. Tous les principes cités plus hauts seront beaucoup plus faciles à atteindre avec un réel sourire.

Le plus difficile est de garder le sourire lorsque l’on remarque que notre enchainement est différent de ceux du reste du groupe. On a alors l’impression de s’être trompé, d’être dans l’erreur. Garder le sourire dans ces moments est difficile. Mais, gardez le sourire et continuez l’enchainement, vous vivrez à ce moment quelque chose d’extraordinaire.

Ces points doivent être réalisés dans chacun des mouvements du Tai Chi Chuan.

 

 

Source : http://www.artengeste.com/medias/files/conseil-des-maitres.pdf